Immatriculer son entreprise est une obligation pour tout commerçant, personne physique ou morale. Ainsi, ne pas s’enregistrer au RCCM est une infraction Ă la lĂ©gislation Ă©conomique. Cette infraction est un dĂ©faut d’inscription au registre de Commerce et de CrĂ©dit mobilier. En effet, lorsqu’une personne ou une entreprise exerce une activitĂ© commerciale sans ĂŞtre inscrite au Registre de Commerce et de CrĂ©dit Mobilier, elle s’expose Ă une peine d’emprisonnement variant d’un (01) mois Ă trois (03) mois. En plus de cette peine, une amende comprise entre cent mille (100.000) et deux cent mille (200.000) francs CFA, pourrait lui ĂŞtre appliquĂ©e.
Que signifie immatriculer son entreprise?
Immatriculer son entreprise est le fait de l’enregistrer au RCCM. Au SĂ©nĂ©gal, l’immatriculation se fait au greffe du tribunal rĂ©gional, par l’inscription au Registre de Commerce et de CrĂ©dit Mobilier (RCCM).
Le RCCM a pour rĂ´le d’une part de centraliser les informations relatives aux opĂ©rateurs Ă©conomiques et d’autre part de recueillir les donnĂ©es relatives aux opĂ©rations Ă©conomiques. Il contribue donc Ă la sĂ©curitĂ© des transactions commerciales.
Compte tenu de son importance pour attirer des investisseurs, la sĂ©curitĂ© des transactions commerciales est une prĂ©occupation majeure des pays africains. Ainsi, les gouvernement africains misent sur la sĂ©curitĂ© des transactions Ă©conomiques. C’est pourquoi, dix-sept (17) Etats africains ont dĂ©cidĂ© de constituer un bloc solide pour harmoniser leur droit des affaires. Ce qui a abouti Ă la crĂ©ation d’une organisation supra nationale dĂ©nommĂ©e l’Organisation pour l’Harmonisation du Droit des affaires en Afrique.
FIGURE 1: L’Organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires

Qu’est-ce que l’Ohada?
L’Organisation pour l’Harmonisation du droit des affaires en Afrique (OHADA) est créée par le TraitĂ© y relatif signĂ© le 17 octobre 1993 Ă Port-Louis. Il a Ă©tĂ© rĂ©visĂ© Ă QuĂ©bec au Canada, le 17 Octobre 2008.
L‘OHADA vise Ă garantir la sĂ©curitĂ© juridique des investisseurs et entreprises dans les pays membres.
L’OHADA dispose de plusieurs instruments dĂ©nommĂ©s Actes uniformes, pour rĂ©gir les affaires dans ses pays membres. L’un de ces instruments, l’Acte Uniforme sur le Droit Commercial gĂ©nĂ©ral (AUDCG) organise la publicitĂ© de l’acte de crĂ©ation d’une activitĂ© Ă©conomique. S’enregistrer au RCCM confère une personnalitĂ© juridique Ă l’entreprise. Ce qui lui permet donc d’ĂŞtre titulaire de droits et d’obligations.
Qui doit immatriculer son entreprise ou son activité?
S’enregistrer au RCCM est une condition sine qua non pour ĂŞtre un bĂ©nĂ©ficier de la qualitĂ© de commerçant. Par consĂ©quent, l’immatriculation est une obligation lĂ©gale pour les personnes physiques ayant la qualitĂ© de commerçant. Il en est de mĂŞme pour les sociĂ©tĂ©s commerciales, les sociĂ©tĂ©s civiles par leur forme et commerciales par leur objet, les groupements d’intĂ©rĂŞt Ă©conomique, les succursales.
NĂ©anmoins, le droit pour les Etats membres de soumettre des professionnels et autres groupements Ă l’obligation de s’enregistrer au RCCM n’est pas perdu. En effet, par disposition de la loi, les Ă©tats membres peuvent Ă©tendre l’obligation de s’enregistrer au RCCM Ă d’autres professionnels ou groupements.
En outre, l’AUDCG prĂ©voit des exceptions Ă l’obligation de s’enregistrer au RCCM. C’est le cas de l’entreprenant. Selon l’article 30 de l’AUDCG dĂ©finit l’entreprenant comme un entrepreneur individuel qui, sur simple dĂ©claration , exerce une activitĂ© professionnelle, civile, commerciale, artisanale ou agricole.
Au vu de sa simplicitĂ©, les personnes qui souhaitent se lancer dans l’activitĂ© de freelancing pourraient , au lieu de crĂ©er une entreprise ou de s’enregistrer au RCCM, dĂ©cider d’ĂŞtre des entreprenants. Elles devraient Ă©galement suivre les formations dĂ©diĂ©es aux freelances pour Ă©chapper Ă l’isolement.
Quand faut-il immatriculer son entreprise ?
L’immatriculation permet de rendre publique l’existence d’une entreprise ou l’exercice d’une activitĂ© professionnelle. Dès lors, le moment de l’immatriculation d’une entreprise est une question que se pose tout futur dirigeant lors de la conception du projet de crĂ©ation d’entreprise.
La rĂ©ponse Ă cette question se trouve dans les articles 44 et 46 de l’AUDCG. Selon les dispositions de ces articles, l’immatriculation doit se faire dans le premier mois de l’exercice de son activitĂ© (commerçant) ou de sa constitution (sociĂ©tĂ©). Cette immatriculation doit se faire au RCCM tenu au greffe de la juridiction compĂ©tente ou au responsable de l’organe compĂ©tent dans l’État partie du ressort dans lequel son activitĂ© se dĂ©roule ou dans lequel se situe son siège social.
Comment immatriculer son entreprise?
Comme nous l’avons vu ci-dessus, l’immatriculation au RCCM est une obligation pour des personnes exerçant certaines activitĂ©s et pour certaines entreprises. Les documents Ă fournir diffĂ©reront en fonction du requĂ©rant.
a) Inscription des personnes physiques
Au Sénégal, pour solliciter son inscription au RCCM, la personne physique doit se munir de :
- Un extrait du casier judiciaire datant de moins de 3 mois
- Un certificat de résidence
- Une photocopie certifiĂ©e conforme de la carte nationale d’identitĂ©
b) Pour l’inscription au registre du commerce des personnes morales
L’immatriculation des personnes morales quant Ă elle nĂ©cessite :
Pour les GIE, la disposition de:
- Procès verbal de constitution
- Règlement intérieur
- Statuts
- Copie carte d’identitĂ© ou passeport de tous les membres
- Casier judicaire du président du GIE
- Procès verbal, règlement intérieur et statuts établis en trois (03) exemplaires pour chaque pièce et enregistrés aux impôts
Qui reçoit la demande d’immatriculation de son entreprise?
Le greffe du tribunal rĂ©gional reçoit la demande d’immatriculation au RCCM. Mais cette demande s’accompagne de l’extrait de casier judiciaire.
L’extrait de casier est le document initial dont il faut se prĂ©munir pour s’immatriculer. En effet, il permet de s’assurer de la moralitĂ© de la personne physique qui sollicite l’immatriculation au RCCM. Le greffe dĂ©livre l’extrait de casier judiciaire.
L’obtention de l’extrait de casier judiciaire nĂ©cessite un extrait de naissance ou la copie certifiĂ©e conforme de la carte nationale d’identitĂ©.
Lorsque la personne est nĂ©e au SĂ©nĂ©gal, elle s’adresse au tribunal de grande instance de son lieu de naissance.
La cour d’Appel est compĂ©tente lorsque la personne qui sollicite l’extrait de casier judiciaire est nĂ© Ă l’Ă©tranger.
Lorsque le commerçant est mariĂ©, elle doit fournir une copie, datant de moins de trois (03) mois, de son certificat de mariage. A dĂ©faut, sa situation matrimoniale ne sera pas mentionnĂ©e sur le formulaire d’inscription. Â
Lorsque la personne qui sollicite l’immatriculation au RCCM est un Ă©tranger, elle doit prĂ©senter un extrait de casier judiciaire de son pays d’origine ou une attestation de bonne conduite (ambassade ou consulat). A cela s’ajoute le casier judicaire dĂ©livrĂ© par la cour d’appel de Dakar ainsi que la copie de la carte consulaire ou du passeport.
Combien doit-on débourser pour immatriculer son entreprise?
Coût pour les personnes physiques
Les frais pour s’enregistrer au RCCM s’Ă©lèvent Ă douze mille (12000) francs CFA pour les personnes physiques. Ils comprennent le timbre fiscal de 2 000 FCFA, les frais d’inscription 10000FCFA. A ces frais s’ajoute la somme de 10000FCFA versĂ©e Ă l’OAPI, organisme chargĂ© de la protection des noms d’entreprises.
Coût pour les GIE
Les GIE peuvent s’enregistrer au RCCM en payant des frais d’immatriculation s’Ă©levant Ă douze mille (12000) francs ). Ils sont rĂ©partis entre les droits d’enregistrement de 10 000 FCFA, le timbre fiscal de 2 000 FCFA. Dans le cas d’un GIE avec un nom commercial, 20000FCFA seront versĂ©s en plus pour l’OAPI ,organisme chargĂ© de la protection de la dĂ©nomination des entreprises.
Pour les autres personnes morales ( sociétés )
Les sociĂ©tĂ©s sont créées avec l’appui des notaires. Dès lors, ceux-ci se chargent de l’Ă©laboration des statuts, de la rĂ©ception du capital social et des formalitĂ©s d’immatriculation.
Pourquoi est-il important d’immatriculer son entreprise ?
L’immatriculation est une obligation lĂ©gale. Elle s’impose donc Ă tout commerçant, personne physique ou aux sociĂ©tĂ©s commerciales. A la suite de son immatriculation au RCCM, l’entreprise dispose d’un numĂ©ro. Cette inscription est nĂ©cessaire pour disposer d’ un NumĂ©ro d’Identification Nationale des Entreprises et des Associations (NINEA). Ainsi, l’immatriculation constitue pour une entreprise ce que l’extrait de naissance est, pour une personne.
Quelles sont les sanctions applicables pour dĂ©faut d’inscription?
Lorsqu’un commerçant ou une entreprise est contrĂ´lĂ©e par les structures de l’ Etat, le RCCM doit ĂŞtre prĂ©sentĂ©. A dĂ©faut, des sanctions peuvent lui ĂŞtre appliquĂ©es.
L’article 79 de la loi 2021-25 sur les prix et la protection des consommateurs cite parmi les infractions  » l’exĂ©cution d’actes de commerce sans inscription Ă titre principal, secondaire et complĂ©mentaire au registre du commerce et du crĂ©dit mobilier ou en violation des règlements organisant le commerce ».
Lorsqu’une personne ou une entreprise exerce une activitĂ© commerciale sans ĂŞtre inscrite au RCCM, elle peut ĂŞtre condamnĂ©e Ă une peine d’emprisonnement variant d’un (01) mois Ă trois (03) mois. En plus de cette peine, une amende comprise entre cent mille (100.000) et deux cent mille (200.000) francs CFA, pourrait lui ĂŞtre appliquĂ©e.
Les sanctions sus visĂ©es figurent dans les dispositions de l’article 82 de la loi 2021-25 sur les prix et la protection des consommateurs.
Comment s’organiser pour immatriculer son entreprise ou activitĂ© sans difficultĂ©?
Au vu des raisons sus Ă©voquĂ©es, il est donc important pour un commerçant, personne physique ou une sociĂ©tĂ© commerciale de s’immatriculer. Mais l’immatriculation peut nĂ©cessiter l’immobilisation des assujettis pour l’accomplissement des formalitĂ©s. Ce qui engendre en consĂ©quence une perte du temps prĂ©cieux pour le porteur de projet. Pour y remĂ©dier, les assujettis peuvent donc solliciter les services d’entreprises spĂ©cialisĂ©es. Ainsi, les Marketplaces Fournisseurs de Services de ProximitĂ© ou Prestataires de services aux entreprises sont des ressources Ă privilĂ©gier. Sur cette liste vous pouvez trouver le cabinet Services Success PME (2SPME). 2SPME offre des services d’accompagnement pour l’inscription au registre de commerce et de crĂ©dit mobilier.
Qu’est-ce que SERVICES SUCCESS PME ?
SERVICES SUCCES PME (2SPME) est un cabinet spécialisé dans l’accompagnement des entreprenants, des micros et petites entreprises. Ses secteurs d’intervention phares sont :
La formalisation des entreprises
- création d’entreprises
- registre de commerce et NINEA,
- Carte de commerçant et Carte import-export
- Accompagnement à l’obtention de numéro d’autorisation FRA et code-barres
Accompagnement accès aux services financiers
- Assurances
- Vente de talons d’assurance
- Le suivi ex post des financements
Elaboration de documents et formation
- Structuration et Ă©laboration de plan d’affaires et Ă©tats financiers
- Formation – Coaching –Mentorat
Retrouvez ici notre vidĂ©o sur l’immatriculation au RCCM et n’hĂ©sitez pas Ă nous contacter au +221338789567.
VidĂ©o 1. Le processus d’immatriculation
Madame Diatta, Mariama Sambou,
Directrice du Cabinet Services Success PME (2SPME)

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